
LE GRINCEMENT DE LA CHAUSSURE GAUCHE DU CONTRÔLEUR DU PARIS-BÂLE
(voie 1, train ter...)
(attention au départ)
Il y avait le souffle des boggies qui caressait le rail,
cette place en première classe aux odeurs de jeunes cadres...
Il y avait encore ces vaches anonymes
qui ruminaient leur stress aux passages à niveau,
ces femmes en faux Chanel que le précieux embaume de rictus pincés.
Maquillages Picasso...
Et encore et encore le vendeur ambulant
dont les joues en acné s’empourpraient de pudeur
quand on lui demandait l’heure, une bière ou un whisky...
Que dire de plus ? J’étais assis! J’étais heureux.
J’avais la tête dans les étoiles quand j’entendis grincer
la chaussure gauche du contrôleur du Paris-Bâle.

Et puis, il y avait les va-et-vient dégingandés d’une nonne en cornette
qu’une triste incontinence abonnait aux toilettes...
Puis encore et toujours ces satanés tunnels.
Chacun en profitait pour lâcher quelques vents...
Que dire de plus ? J’étais assis! J’étais heureux.
On s’éloignait d’la capitale quand j’entendis grincer
la chaussure gauche du contrôleur du Paris-Bâle.
Et puis, il y eut arrêt en gare de Troyes...
Elle était brune, sexy, un peu salope dirais-je !
Elle avait réservé et juste en face de moi, dans mon compartiment,
elle posa son fessier généreux - un tourment -
tout en croisant les jambes jusqu’au porte-jarretelles...
Elle a souri... J’ tiré le rideau...
Que dire de plus ? J’étais en rut ! J’étais heureux.
Pour tout vous dire, j’étais à poil quand j’entendis grincer
la chaussure gauche du contrôleur du Paris-Bâle...
Que dire de plus ? J’étais en rut ! J’étais heureux.
Pour tout vous dire, j’étais à poil quand j’entendis grincer
la chaussure gauche du contrôleur du Paris-Bâle...
Christian Decamps
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